Ces derniers jours la Députée Catherine Dorion à annoncer quitter la vie politique et du même souffle elle en appelle à une réforme du système démocratique clamant que l’Assemblée nationale est «passée date». Au banc des accusés, la représentativité politique non proportionnelle. La députée sortante a-t-elle raison dans son analyse?

Représentativité ou gouvernabilité : la représentativité doit-elle primer sur la stabilité des gouvernements?

Nous observons le dilemme que représente cette question en deux temps. En premier lieu, comment définit-on la représentativité, se définit-elle seulement au scrutin ou prend-elle naissance à même les partis politiques? Ensuite, comment la représentativité a-t-elle un impact sur la gouvernabilité ?

Représentativité

Le concept de représentativité démocratique présume que les personnes élues par les citoyens sont représentatives de la communauté tant dans leur diversité sociodémographique que dans leurs idéologies politiques. Pour que cela puisse se traduire de la théorie à la pratique, dans notre mode de scrutin uninominal à un tour, présumons que les partis politiques doivent s’imposer, par des règles démocratiques internes, une obligation de proposer des candidats diversifiés. L’homogénéité idéologique partisane devant se briser par la compétitivité d’une pluralité de partis. Ce mode de scrutin évoque une représentativité imparfaite puisqu’elle avantage l’uniformité des partis politiques décourageant l’émergence de nouveaux partis et favorisant l’établissement d’un bipartisme. Dans ce modèle, l’avantage s’il en est un, est de pouvoir élire un gouvernement majoritaire qui restera stable pendant toute la durée de son mandat. L’histoire électorale du Québec, depuis 50 ans, nous prouve à plusieurs reprises que de s’en remettre aux partis politiques pour assurer une représentativité n’est pas suffisant. Un mode de scrutin offrant une répartition des sièges plus représentatifs favoriserait l’émergence de nouveaux partis qui par ailleurs devraient travailler en coalition pour assurer la stabilité du gouvernement.

Stabilité des gouvernements

La démonstration d’une stabilité gouvernementale n’assure pas de facto une meilleure gestion des affaires publiques. Rappelons-nous que la compétition est nécessaire à l’existence de la démocratie. Un parti élu de façon minoritaire, par exemple, pourrait s’exposer à une opposition forte pouvant provoquer un renversement. À contrario, un parti majoritaire au pouvoir trop longtemps s’expose ainsi des risques d’influences, de pressions ou même de corruptions.

Il faut favoriser une meilleure représentativité et cela nécessite, en plus d’un nouveau mode de scrutin, la définition d’une nouvelle culture politique pour favoriser la création de gouvernements de coalition qui pourraient offrir à la fois stabilité gouvernementale et représentativité.