La légitimité de l’état et la santé démocratique : quelles réformes pour contrer le déclin de la participation citoyenne.

Dans notre système démocratique, le principe de représentativité contribue à une forme d’équilibre des affaires publiques. Notre mode de scrutin majoritaire uninominal à un effet direct sur la légitimité et la gouvernabilité. Au Québec, il est possible qu’un gouvernement soit élu sans une majorité de voix au suffrage universel, une conséquence notre système démocratique, mais quand est-il lorsque chute la participation des citoyens?

Légitimité et santé démocratique

Les fondements de notre système démocratique reposent sur l’expression de la volonté de la population et assoient sa légitimité étatique sur la prise de décision collective. Le désengagement bien réel de la population envers nos institutions démocratiques est provoqué par une crise de confiance envers la classe politique. Ce déclin de confiance, en chute depuis les années 1980, se traduit principalement par l’abstention électorale chez les jeunes. Chez les 18-34 ans, la participation variait entre 54,7 % et 76,6 % en 1985, comparativement à 42,1 % et à 66,2 % en 2014. Si cette tendance se maintient, la participation électorale anémique ne permettra plus la représentativité et affaiblira la légitimité de l’état. La santé démocratique est un enjeu contemporain de tailles sur lequel le ministre responsable des réformes démocratiques doit intervenir.

Le désengagement politique des citoyens contribue à réduire la volonté et le contrôle du peuple sur l’État.

Le risque direct d’une mauvaise santé démocratique est l’augmentation des probabilités qu’une période de crise politique conduise à certaines dérives et puisse nuire à l’équilibre et à la paix sociale.

Réformes proposées

Considérant les facteurs qui contribuent au maintien de l’engagement, qu’ils soient de nature socio-économique, politique ou individuelle.  Si j’étais ministre responsable des réformes démocratiques, je renverserais durablement la tendance au déclin.  En ciblant les futurs électeurs, j’intégrerais dans le programme scolaire un cours d’éducation civique dès le secondaire. Je m’attaquerais par la voie législative au phénomène de la désinformation. Afin de favoriser la représentativité et l’émergence de nouveaux partis politiques, j’officialiserais un nouveau mode de scrutin partiellement proportionnel. Pour conclure, j’opterais la comptabilisation du « vote blanc » afin que l’expression citoyenne soit reconnue même dans le rejet des options politiques proposées.


SS – Conseillère politique, Positif +