Dans son rapport annuel déposé le 30 septembre dernier, la protectrice du citoyen n’a pas préservé l’appareil gouvernemental en la qualifiant de « grosse machine sans cœur, inhumaine et inflexible ». Elle dénonce plusieurs manquements dans les services aux citoyens tant du côté des CISSS et des CIUSSS que du côté du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration ou dans les établissements de détention québécois qu’elle qualifie presque d’établissements de traitement inhumain qui s’apparente à de la torture .
Pourtant, les unités administratives de ces organismes publics ont toutes le devoir et le pouvoir d’introspection de leurs services, elles peuvent contrôler et sanctionner au besoin afin de corriger ces situations.
On peut alors se poser la question, pourquoi l’amélioration semble si difficile?
À quoi doivent répondre nos institutions publiques?
Définitivement, les citoyens ne peuvent se satisfaire seulement d’une logique purement fonctionnaliste. Réduire les services publics à des prestations «consommées» par des clients répond certainement à des attentes ou besoins spécifiques, mais ouvre aussi la porte à un risque de banalisation de la chose publique.
Nos institutions doivent être vigilantes pour ne pas verser vers une bureaucratie dépouillée d’humanité. Elles sont le reflet d’un compromis social et politique porteur d’une vision de la société, de valeurs régissant les rapports sociaux, d’un projet démocratique au sens large du terme, où chaque individu, chaque groupe social trouve sa place et peut légitimement faire entendre sa voix.
La pandémie a le dos large, mais dans ce cas-ci, elle n’explique pas tout. Ce sont des problèmes connus et récurrents, que la protectrice du citoyen a dénoncés dans plusieurs rapports.
Alors je lance la question; quand les services publics visés par le protecteur du citoyen ne pourront plus se dissimuler derrière la COVID, comment arriveront ils à retrouver l’humanisme souhaité dans le rapport de la commissaire ? Est-ce que l’espoir d’une « bureaucratie empathique » est une utopie?

